Historique


L'écriture est introduite très lentement dans la vie privée des individus après des siècles de tradition orale.

C'est l'écriture manuscrite courante qui est intéressante à étudier car elle est spontanée, personnelle, intime.

« Trattato, Come Da Una Lettera Missiva, Si Conoscano La Natura, e qualita dello Scrittore »

L'italien Camillo Baldi (1550-1637) est le premier qui a fait, en 1622, des observations systématiques sur la manière d'écrire. Il publie un livre intitulé "Trattato, Come Da Una Lettera Missiva, Si Conoscano La Natura, e qualita dello Scrittore" ou "Traité comment, par une lettre missive, on reconnaît la nature et les qualités du scripteur". C'est le premier essai graphologique connu.

Abbé Jean Hyppolyte Michon (1806-1881)

Le véritable fondateur de la graphologie est l'abbé Jean Hyppolyte Michon (1806-1881). C'est lui qui baptisa cette science, en fusionnant deux mots grecs graphein, écrire et logos, science. Il fut le premier à donner des bases scientifiques à l'analyse des écritures. Après avoir réuni des milliers de documents écrits, il les étudia et les compara avec une patience inépuisable. En 1872, il publia son premier livre, "Les mystères de l'écriture", suivi, en 1875, par son "Système de graphologie".

Jules Crépieux-Jamin (1858-1940)

L'oeuvre de l'abbé Michon fut continuée par son élève Jules Crépieux-Jamin (1859-1940), prothésiste dentaire. Il mit de l'ordre dans l'oeuvre touffue et géniale de l'abbé Michon et divisa l'écriture en sept grandes familles : l'ordonnance, la dimension, la vitesse, la pression, la direction, la forme et la continuité. Il les intitula genres et les subdivisa en cent soixante-quinze espèces. Il consacra sa vie entière à l'étude et au perfectionnement de la graphologie.

Durant sa vie, la graphologie n'a cessé de faire tache d'huile en France et ailleurs, et il en est de même après sa mort.


De toutes ces différentes recherches surgirent trois grandes écoles qui sont à l'origine de la graphologie actuelle. Ce sont :

  • L'école française qui a comme élément distinctif de graphologie, l'harmonie.

    Crépieux-Jamin, en partant de la calligraphie anglaise, va étudier l'organisation de l'écriture par la forme dont découle l'aisance du geste.

    Carl Gustav Jung (1875-1961)

    Ania Teillard (1889-1978), élève du professeur Carl Gustav Jung (1875-1961), met à la portée des graphologues les données psychologiques jungiennes.

    Une grande importance est accordée à la connaissance des conceptions freudiennes qui élargissent considérablement le champ psychologique dans l'interprétation des écritures.

  • L'école allemande qui a comme élément distinctif de graphologie, la notion de formniveau.

    Ludwig Klages (1872-1956)

    Ludwig Klages (1872-1956) considère l'écriture comme un mouvement d'où s'élabore une forme.

    C'est Walter Hégar, d'origine allemande, qui est le premier à faire connaître l'oeuvre de Klages en France. Pour Hégar, l'élément qui est à la base de tout écrit est le trait graphique. Il présente une méthode et une réflexion sur une nouvelle technique qui a pour objet d'analyser les éléments qui composent le trait.

  • Max Pulver (1889-1952) L'école suisse qui a comme élément distinctif de graphologie, la qualité existentielle.

    Max Pulver (1889-1953) applique la notion de symbolisme de l'espace au champ graphique et à l'orientation de l'écriture vers le haut, le bas, la gauche ou la droite. Le scripteur manifeste un conscient/inconscient.

Chaque école de graphologie se base sur des critères qui lui sont propres. Ils reflètent les goûts et les tendances de chaque nationalité.

Cependant, leurs différences sont constituées à partir de recherches analogues sur les différents aspects de l'écriture. Il y a complémentarité et similitude. Chaque école arrive, à peu près, aux mêmes résultats par des sentiers différents et se complètent fort bien.


La graphologie est confrontée à l'évolution des écritures comme à l'évolution des sciences psychologiques.

La graphologie est très employée en France, mais elle l'est également en Angleterre et en Allemagne, progresse en Italie.

La graphologie se développe aux Etats-Unis. Thea Stein Lewinson (1907-2000) nous apporte une méthode complémentaire, la graphométrie ou graphologie psychométrique. Celle-ci est appliquée en France par Jacques Salce. Il s'agit là d'une appréciation rigoureusement mesurée et quantifiée en pourcentage précis.

Travaillant sur un axe concentration/expansion divisé en sept degrés, on considère quatre courbes groupant chacune cinq espèces :

  1. Courbe pulsionnelle.
  2. Courbe rationnelle.
  3. Courbe du Moi vis à vis de lui-même.
  4. Courbe du Moi des relations.
  5. Une cinquième courbe globale représente la somme des quatre courbes précédentes.

L'interprétation se fait ensuite sur les bases de la graphologie classique.

La graphométrie sert aussi à effectuer des études comparatives sur des populations échantillonnées en isolant des éléments mesurables de l'écriture et en faisant une étude statistique.